Caractéristiques des matériels et installations électriques
Protection contre les contacts directs
Un contact direct est un contact entre une partie du corps humain et une partie active (pièce normalement sous tension) d’une installation électrique. Pour prévenir les contacts directs, il existe plusieurs moyens :
- éloignement : la distance d’éloignement dépend de l’environnement (chantier, locaux réservés à la production…) et de la valeur de tension ;
- barrière ou enveloppe : elles constituent un obstacle (écran, boîtiers, armoires…) possédant un degré de protection minimal (IP2X ou IPXXB en basse tension, IP3X ou IPXXC en haute tension) ; l’ouverture n’est possible qu’à l’aide d’une clé ou d’un outil ;
- isolation des parties actives : celle-ci recouvre d’un isolant les parties actives et ne peut être enlevée que par destruction ;
- très basse tension : celle-ci peut être de type très basse tension de sécurité (TBTS) ou de type très basse tension de protection (TBTP). Les conditions d’obtention de ces tensions sont précisées dans la norme NF C 15-100.
Valeurs maximales de la très basse tension de sécurité (TBTS), en courant alternatif à l’intérieur des locaux
La valeur maximale autorisée dépend des influences externes et plus particulièrement de la présence ou non d’eau :
- cas général U ≤ 50 V – exemples : enceinte conductrice exigüe, chantier… ;
- milieu mouillé U ≤ 12 V – exemple : piscine.
Protection contre les contacts indirects
Un contact indirect est un contact entre une partie du corps humain et une masse conductrice mise accidentellement sous tension. Pour prévenir les contacts indirects, il existe plusieurs moyens :
- mise à la terre des masses avec coupure automatique de l’alimentation : les schémas de liaison à la terre sont aussi appelés « régimes du neutre ». Ils sont définis dans la norme NF C 15-100 ;
- double isolation ou isolation renforcée ;
- très basse tension comme pour la protection contre les contacts directs.
Protection contre les surintensités
Une surintensité est une augmentation dangereuse du courant électrique parcourant un conducteur ou absorbé par un récepteur (moteur, radiateur…). Il existe deux types de surintensités :
- les surcharges qui résultent de l’augmentation de la charge ;
- les courts-circuits qui résultent de contacts d’impédance quasi nulle entre des éléments conducteurs portés à des potentiels différents.
L’existence au sein du circuit d’un disjoncteur d’un relais thermique ou d’un fusible permet de réduire le danger en ouvrant le circuit lorsque le courant dépasse une valeur donnée pendant un temps déterminé.
Tension et classes de matériels électriques
La tension nominale du matériel électrique doit être en adéquation avec la tension d’alimentation.
La norme NF EN 61140 répartit les matériels électrotechniques en quatre classes en fonction de leur conception du point de vue sécurité :
- l’isolation entre les parties actives (normalement sous tension) et les parties accessibles (masses métalliques) ;
- la possibilité ou non de relier les parties métalliques accessibles à la terre.
Degrés de protection du matériel électrique
Les degrés de protection procurés par les enveloppes de matériels électriques de tension assignée inférieure ou égale à 72,5 kV sont définis par la norme française NF EN 60529.
Pour symboliser le degré de protection procuré par une enveloppe, il est fait usage des lettres « IP » (International Protection) suivies de deux chiffres et d’une ou plusieurs lettres. Plus un chiffre du code IP est grand, meilleure est la protection.
Degrés de protection IP des matériels électriques
- 1er chiffre (compris entre 0 et 6) : protection contre les corps solides
- 2e chiffre (compris entre 0 et 8) : protection contre l’eau
- Lettre additionnelle (A, B, C ou D) : accès aux parties dangereuses
- Lettre(s) supplémentaire(s) (H, M, S ou W) : informations supplémentaires spécifiques
Exemple : signification du degré de protection « IP 34 C »
- IP : « Appareil protégé contre »
- 3 : « La pénétration de corps solides d’un diamètre supérieur ou égal à 2,5 mm »
- 4 : « La pénétration des projections d’eau (dans toutes les directions) »
- C : « Les contacts directs avec un outil d’un diamètre de 2,5 mm et de 100 mm de long »
Le degré de protection contre les chocs mécaniques est symbolisé par le code IK.
Analyser le risque électrique
L’ignorance du risque électrique, principalement lors de travaux non électriques, est aujourd’hui encore source d’accidents. Une analyse systématique du risque permet de prévoir les éventuelles situations dangereuses et de planifier au mieux la prévention.
Les principaux éléments à prendre en compte dans l’analyse du risque électrique sont :
- les caractéristiques de l’installation électrique (domaines de tension, sources primaires et secondaires, positionnement des câbles et canalisations isolées…) ;
- l’environnement de l’opération (proximité ou voisinage de pièces sous tension, possibilité de chutes d’outils, déplacement d’engins…) ;
- les tâches à accomplir par les opérateurs (position de l’opérateur, gestes normaux à accomplir et gestes réflexes possibles, port des équipements de protection…).
L’analyse du risque électrique doit être réalisée avant chaque opération et actualisée si nécessaire tout au long de celle-ci.
C’est l’employeur qui a la responsabilité de la mise en œuvre de cette analyse du risque. Cependant, cette analyse concerne également chaque acteur, dans la mesure de ses attributions, de ses compétences et de ses responsabilités. Dans la phase préparatoire du travail, l’employeur peut désigner une personne pour élaborer les prescriptions et procédures de sécurité. Dans la phase de réalisation des opérations, les chargés de travaux ou de chantier sont responsables de l’exécution des travaux et de la mise en place des mesures de sécurité prévues. Les exécutants et les chargés d’intervention sont quant à eux responsables de leur propre sécurité.
Mesures générales de prévention pour assurer la sécurité du personnel
Une personne réalisant une opération sur un matériel ou une installation électrique doit être formée et habilitée par son employeur.
Différentes mesures de protection doivent être mises en œuvre afin qu’elle puisse travailler en sécurité : : travailler sur des installations sûres et conformes, signaler le local ou l’opération, isoler l’installation électrique, mettre en place des mesures de protection pour les travaux sur ou au voisinage des installations, vérifier les installations, fournir des équipements de protection individuelle si necessaire, être formé et habilité aux risques électriques…
Pour toute opération exposant à un risque électrique, des mesures de prévention sont à mettre en œuvre pour supprimer ou réduire les risques électriques.
Utiliser des installations sûres
Conception des installations
Les installations électriques doivent être conçues et réalisées conformément aux dispositions des articles R. 4215-1 à R. 4215-17 du Code du travail, ces dispositions sont afférentes aux maîtres d’ouvrage entreprenant la construction ou l’aménagement de bâtiments destinés à recevoir des travailleurs en matière de conception et de réalisation des installations électriques.
Ces dispositions visent à protéger la santé et la sécurité des travailleurs contre les risques de :
- choc électrique par contact direct ou indirect ;
- brûlure ;
- incendie ;
- explosion d’origine électrique.
Vérification des installations
L’employeur qui utilise des installations électriques est tenu de respecter les dispositions des articles R. 4226-1 à R. 4226-21 du Code du travail. Ces règles lui imposent de maintenir les installations en conformité avec les règles de conception, d’en assurer la maintenance, l’entretien et la vérification.
La vérification est une opération destinée à contrôler la conformité d’une installation électrique aux exigences réglementaires et normatives en vigueur. Elle doit avoir lieu :
- au moment de la mise en service ;
- périodiquement ;
- sur mise en demeure par l’inspection du travail.
Ces vérifications sont réalisées par des organismes accrédités. Pour certaines, l’employeur peut faire appel à une personne compétente de l’entreprise remplissant certains critères énoncés dans la réglementation.
Les résultats des vérifications sont consignés dans un registre, auquel sont annexés les rapports des organismes accrédités.
Utilisations en sécurité des matériels électriques
Le matériel électrique doit toujours être utilisé avec soin, en veillant à ne pas le détériorer par des chocs, une immersion, un échauffement excessif… Le salarié utilisant ce matériel doit respecter les consignes fournies par son employeur. Il est tenu d’en vérifier l’état et de signaler toute détérioration à son encadrement.
Précautions concernant les fils et les prises électriques
- Protéger les fils conducteurs du risque d’écrasement en ne les déroulant pas en travers du passage d’un véhicule.
- Débrancher les appareils en tirant sur la fiche et non sur le fil.
- Ne jamais bricoler une prise électrique endommagée.
- Ne jamais laisser une rallonge branchée à une prise sans qu’elle soit reliée à un appareil électrique.
- Ne jamais utiliser un fil pour tirer ou déplacer un appareil électrique.
- Ne jamais toucher à un fil dénudé dont on ne perçoit qu’une extrémité.
- Ne jamais toucher une prise avec les mains mouillées.
Signaler le local ou l’opération
Les locaux ou emplacements présentant un risque de choc électrique doivent être délimités aux moyens d’obstacles et signalés au moyen d’un panneau d’avertissement réglementaire du danger électrique. L’accès à ces locaux ou emplacements est réservé aux personnes habilitées.
Lors du retrait d’un protecteur rendant accessible des pieces nues sous tension, il faut installer un balisage de sécurité. Ce balisage ne doit pas pouvoir être franchi par inadvertance.
Les seules manœuvres autorisées par le personnel de production non habilité mais formé sont celles :
- qui sont prévues à l’extérieur de locaux ou emplacements à risques spécifiques électriques ;
- dont les risques inhérents à l’opération sont éliminés par construction (IP2X en basse tension ou IP3X en haute tension).
Travailler hors tension, supprimer le voisinage
La réglementation (article R. 4544-4) prescrit que le risque d’origine électrique, lors d’opérations sur les installations ou dans leur voisinage, soit supprimé ou à défaut réduit autant que possible. Pour ce faire, les travaux doivent être effectués en priorité hors tension.
Les travaux effectués hors tension sont les seuls présentant une sécurité totale vis-à-vis du risque électrique. Le moyen de s’assurer que toute tension est effectivement supprimée et qu’elle le reste est la consignation. La procédure de consignation est définie dans la norme NF C 18-510. La déconnexion des batteries sur véhicules et engins doit être réalisée selon les prescriptions de la norme NF C 18-550.
Procédure de consignation d’une installation électrique
- Séparer l’installation de toute source d’énergie électrique concernée et préalablement identifiée.
- Condamner les organes de séparation en position ouverte afin d’interdire toute remise sous tension.
- Identifier la partie de l’installation concernée afin d’être certain que les travaux seront bien exécutés sur l’installation prévue.
- Vérifier l’absence de tension.
- Mettre à la terre et en court-circuit*.
* Pour les opérations sur véhicules et engins (NF C 18-550) ou en basse tension et sous certaines conditions d’intervention, cette dernière opération n’est pas requise.
Toute consignation doit être signalée par une pancarte bien visible.
Les opérations effectuées au voisinage de pièces nues sous tension sont limitées aux cas où il n’a pas été possible de supprimer ce voisinage, soit en consignant l’installation ou la partie d’installation à l’origine de ce voisinage, soit à défaut, en assurant la protection par éloignement, obstacle ou isolation (mise en place de nappes isolantes, protecteurs ou écrans isolants).
